Depuis le "foirage" avec le remplaçant, je grinçais des dents.
Oui, je dis foirage, car depuis que je lui ai tendu ma perche, j'ai eu l'occasion de le recroiser. Il m'a ignorée. Au moins c'était clair.
J'ai envie de dire que ça ne fait pas plaisir.
Et puis je me suis évadée un week-end.
Le gars qui m'accueille à l'endroit où je loge commence de façon très maladroite à me poser des questions. Mais refuse de me laisser partir sans que je lui donne mon mail.
Je vois pas trop l'intérêt vu mon court passage, mais je veux la paix, alors je lui donne.
Le lendemain en le recroisant, il faisait son cinéma à une autre.
Mais, même en voyant ça, je me suis dit que ça faisait du bien en fait de se faire draguer.
Puis dans le métro, je trouve un gars mignon. Nos regards se croisent une fois, une deuxième fois je pense. Mais alors qu'il était près de moi, il s'éloigne pour s'adosser et rouler une cigarette.
Je me dis "ha ben non, je me suis trompée".
En descendant, j'avance vers la sortie et je me retourner pour le voir quand les portes se ferment.
A mon grand étonnement, il cherche du regard, et en se contorsionnant, quelque chose sur le quai. Puis il se tourne vers moi. Nos regards se croisent. Se soutiennent. Je lui souris et je m'en vais. Bien sûr on peut y voir ce qu'on veut, mais j'ai trouvé ça drôle. Même si un peu trop éphémère.
En rentrant par le train, encore un autre. Mais celui-là c'est tellement lourd que je vous la raconte même pas.
Et là, je me demande.
Deux jours en vadrouille, et trois moments. Bien sûr, je ne dis pas que ça aurait donné quelque chose.
Mais c'est quasi plus qu'en 6 mois de ma vie.
Comme quoi, ce qui nous isole beaucoup, c'est la routine. Les mêmes têtes, vues et revues.
Y a plus qu'à en tirer une leçon.
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